Devenir LIR

2019 est l’année où tous les FAI de la Fédé doivent essayer de devenir LIR. Pourquoi ? Parce que c’est la dernière occasion d’avoir des adresses IPv4.

IPv4 et IPv6

Ok, faisons un pas en arrière. Pour pouvoir être identifié sur le réseau Internet il faut disposer d’un identifiant: c’est l’adresse IP. Il existe deux grands types d’adresses IP, et dans chacun des deux types, la définition de celui-ci détermine combien d’adresses sont possibles.

Le premier type est IPv4, pensé quand le développement actuel d’Internet n’apparaissait même pas dans les rêves les plus fous des spécialistes de l’époque. Grossièrement, il y a 4 milliards d’adresses possibles.

Quand on a compris qu’il allait y avoir plus de machines que ça dans le réseau et que ce manque d’adresses allait poser problème, on a travaillé pour mettre au point un autre type. C’est comme ça que IPv6 a été formalisé et que ce type d’adresse en prévoit…

340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456

Mais IPv6 ne résout pas tous les problèmes, car bien que IPv6 ait été pensé en 1998, beaucoup ne l’utilisent pas encore (y compris dans la Fédé), et les adresses IPv4 sont donc nécessaires. Ce n’est pas près de changer : il est très vraisemblable que cela reste le cas d’ici 15 ans.

Peu d’IPv4

Aujourd’hui il y a beaucoup de demande d’adresses IPv4, peu de disponibilité : c’est une ressource rare qui est parfois vendue, et pas bon marché.

Aujourd’hui les adresses IP que les FAI de la Fédé utilisent sont rarement à eux. Le plus souvent le titulaire des adresses est quelqu’un d’autre qui les leur offre grâcieusement ou bien à un prix très faible. Et si jamais le titulaire change d’avis, de propriétaire ou fait faillite, tout est à renégocier, et ce n’est pas évident : du jour au lendemain avoir des adresses IPv4 peut devenir presque impossible (Aquilenet le sait bien).

Pour assurer leur indépendance en termes d’IPv4, les FAI de la Fédération devraient donc avoir leurs adresses.

Avoir ses IPv4 Allocated PA

Le RIPE (Réseaux IP Européens pour les connaisseurs) dispose d’encore un peu d’adresses à distribuer, et le choix a été fait d’attribuer des blocs de 1024 adresses IPv4 (un /22 en termes du secteur) aux entités qui se feraient agréer sous le statut de LIR. En regardant la vitesse actuelle à laquelle les adresses sont attribuées, les blocs seront épuisés en Mars 2020.

Le problème est qu’être LIR, ça se paye, à l’entrée et tous les ans : et pour de petits acteurs comme nous, cela représente un coût fixe qu’il n’est pas évident de soutenir. Une échappatoire existe cependant : après deux ans, il est possible de transférer les adresses IP à un autre LIR, alors que les adresses elles-mêmes continuent d’être attribuées au même sujet. Afin de s’assurer que ce bloc restera à disposition du FAI qui l’a obtenu, il suffira de le mettre par écrit dans un contrat entre le FAI et le LIR. Ainsi, si le LIR auquel on a transféré la gestion des adresses ferme, on reprend nos adresses et on se tourne vers un autre LIR afin qu’il rende le même service.

Le programme donc est le suivant :

2019-09 Adhésion au RIPE et création du LIR (coût de 2000€ + un pro-rata de 1400€ + 21%) 2019-09 Obtention de 1024 adresses IPv4 2020-01 Payment de la cotisation (coût 1400€ + 21%) 2021-01 Payment de la cotisation (coût 1400€ + 21%) 2021-09 Transfert de la propriété des adresses IP à un autre LIR 2021-10 Fermeture du LIR créé deux ans plus tôt

Le coût total reviendrait 6231,50€, pour pouvoir disposer, sinon éternellement, sur un très long horizon, de 1024 adresses IPv4.

Après octobre 2019 le LIR auquel la gestion des adresses a été transférée aura des frais à soutenir, et vraisemblablement à les répercuter sur le FAI qui lui a confié la gestion du bloc. Il s’agit cependant là de frais désormais minimes, de l’ordre de 50/75€ par an.

En dehors d’évènements imprévisibles, tels que la récupération par le RIPE de blocs d’adresses déjà attribués ou en tout cas actuellement indisponibles, celle-ci risque fort d’être, dans l’histoire, la dernière occasion pour nos FAI d’avoir nos adresses IP4 et d’assurer ainsi la disponibilité d’une ressource indispensable pour notre autonomie.

Projection-débat de Nothing to hide au Lycée Autogéré de Paris

Une projection du film documentaire « Nothing to hide » aura lieu le jeudi 17 janvier 2018 (19 h), au LAP.

Nous y serons présents pour présenter le film et animer le débat qui suivra.

Présentation du film

Nothing to hide est un documentaire collaboratif écrit et réalisé par les journalistes Mihaela Gladovic et Marc Meillassoux. Le film est dédié à la question fondamentale et encore jamais posée de la surveillance de masse : son acceptation dans la population. Après s’être rencontrés lors d’événements dédiés à la surveillance sur internet, Mihaela et Marc ont décidé de travailler sur ce qui leur est apparu être la clé de voûte de la surveillance moderne : son acceptation et sa justification dans une partie croissante de la population à travers l’argument « je n’ai rien à cacher ».

Bande annonce

Lieu de la projection

Lycée Autogéré de Paris
393 rue de Vaugirard
75015 Paris
Métro Porte de Versailles


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Liens

Premier samedi du libre du 5 janvier

Incarnation de FFDN en Île-de-France, Franciliens.net sera présent au prochain PSL, pour accueillir les curieux des FAI associatifs, pour discuter neutralité du net, protection de la vie privée, données personnelles, et bien sûr auto-hébergement en présentant et aidant à l’installation de briques internet !

Infos pratiques

Samedi 5 janvier, de 14 h à 18 h
Au Carrefour numérique², à la Cité des Sciences et de l’Industrie (étage −1)
30, Avenue Corentin Cariou — 75 019 Paris
Métro Porte de la Villette


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